L’empreinte cachée des smartphone – Étude de France Nature Environnement

Cette nouvelle étude de France Nature Environnement (FNE – fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement) fait le points sur les désastres écologiques que représentent les smartphones. Je vous en propose un résumé. L’étude complète se trouve ici.

 

 

Une explosion de la demande pour les Smartphone!

Depuis 2007, pas moins de 7 milliards de smartphones ont été vendus dans le monde [soit 1 par personne dans un monde équitable sans obsolescence], dont 100 millions en France. Quasiment 1,5 milliard en 2016.

Rappelons que Smartphone signifie téléphone intelligent. Voyons s’il l’est vraiment, de sa fabrication à sa fin de vie…

 

 

Plus de 70 matériaux différents pour fabriquer un Smartphone

FNE indique que malgré le secret industriel qui limite la connaissance fine des matériaux, on dénombre pas moins de 70 matériaux différents qui interviennent dans le processus de fabrication du smartphone :

  • Les matières plastiques qui comprennent souvent des mélanges de produits chimiques (trioxyde d’antimoine, bisphénol A, retardateurs de flamme bromés) et qui constituent la coque, la carte électronique, des accessoires comme le chargeur, et le film de protection.
  • Le verre et les éléments en céramique que l’on retrouve dans une partie de l’écran et au niveau de la carte électronique.
  • Les métaux qui sont présents dans la carte électronique, les condensateurs, l’écran tactile, et d’autres périphériques. On peut retrouver jusqu’à 50 métaux différents dans un Smartphone.

L’étude indique que cette demande en matériaux contribue à l’intensification de la consommation de certains métaux et ont conduit à des situations de crise d’approvisionnement comme pour le tantale en 2002 ou les terres rares en 2008.

 

 

Un impact environnemental gigantesque!

Voici les 4 étapes de la vie d’un Smartphone :

  • La fabrication qui comprend la conception, l’extraction et la transformation des matières premières, la fabrication des principaux composants et l’assemblage.
  • La distribution et le transport vers les pôles de consommation.
  • L’utilisation de l’objet dont ses secondes vies éventuelles.
  • La fin de vie du produit via un recyclage ou une élimination du déchet final.

La phase de fabrication du Smartphone est celle qui a le plus fort impact environnemental (3/4 de l’empreinte selon l’Ademe, sans prendre en compte les impacts liés à la fin de vie de l’appareil). Cela est dû aux activités d’extraction des minerais (la roche dont sont extrait les minéraux) et de leur transformation en composant électronique. L’impact est également dû à la multiplicité et à l’éclatement géographique des 180 étapes nécessaires à la production des composants électroniques. En termes d’énergie, selon Greenpeace, la consommation d’énergie qui a permis de fabriquer les 7 milliards de téléphones depuis 2007 est de 968  TWh, soit quasiment autant que la consommation annuelle d’électricité en IndeFNE ajoute que des enjeux sociaux et sanitaires sont également à prendre en considération en raison des bassins géographiques stratégiques dans lesquels sont extraites les matières premières, avec une main d’œuvre à bas coût.

Les impacts des phases de distribution et d’utilisation sont essentiellement liés à l’énergie consommée pour le transport et pour la production d’électricité.

Les impacts de la fin de vie, quant à eux, ne sont pas négligeables, mais n’ont pas pu être étudiés faute de données suffisantes. La carte des étapes de la fabrication du Smartphone (page 13) indique que plusieurs tours du monde sont nécessaires pour fabriquer un Smartphone.

Il faut environ 70 kg de matières premières pour produire, utiliser et éliminer un Smartphone, soit environ 600 fois sont poids!

L’utilisation accrue de Smartphone dans le monde contribue à la surexploitation de métaux à l’échelle planétaire. Ces matériaux ne sont pas répartis de manière égale sur Terre puisque la Chine détient la majorité voire la totalité de la production!

L’extraction minière détruit des écosystèmes et produit des pollutions diverses : par exemple, l’usage intensif de procédés d’extraction chimiques pollue les eaux, tout comme la fabrication industrielle de certains composants qui conduisent à des taux très élevés de pollution au phtalates (solvants chlorés et métaux lourds) dans les eaux de rejets.

D’un point de vue sanitaire, la mortalité des travailleurs présents dans les mines artisanales est particulièrement précoce (nombreux accidents et précautions non respectées lors d’extraction chimiques). L’intensité et le rythme exigés par la compétitivité sont responsables de maladies professionnelles chroniques telles que des cancers ou des maladies liées au dos et au bassin.

La fabrication des Smartphone a également un impact sociétal : l’activité minière contribue à la déstabilisation du tissu social et donc à des mouvements de populations et à des risques sécuritaires (car les métaux sont précieux). L’extraction et le commerce d’étain, de tantale, de tungstène et d’or alimente l’instabilité en RDC, dans la région des grands lacs africains, ou encore en Amérique centrale et en Birmanie.

L’étude précise que les matériaux sont extraits dans des conditions de travail qui violent les droits humains fondamentaux et dont les profits contribuent à alimenter des groupes armés, aux dépends des populations locales.

Alors, toujours envie de l’iPhone X ?

 

 

Un impact écologique qui se multiplie en raison de l’obsolescence des Smartphone…

FNE a étudié deux types d’obsolescence.

Tout d’abord, l’obsolescence psychologique des Smartphone : l’attrait pour les nouvelles technologies, effet de mode et détachement vis à vis des objets que l’on possède. Les fabricants et opérateurs, à travers leurs stratégie marketing, favorisent l’apparition de ce besoin chez le consommateur. Au final, les Smartphone sont changés tous les 2 ans en moyenne, alors qu’ils sont toujours en état de fonctionner dans 88% des cas!

L’obsolescence fonctionnelle existe elle aussi puisque la conception même du téléphone en raccourcit sa durée de vie : batteries collées et soudées, indisponibilité de pièces de rechange, utilisation de connectique et de systèmes d’exploitation exclusifs…

 

 

Alors, comment faire pour éviter tous ces impacts ?

FNE rappelle que pour limiter l’impact de l’acquisition d’un smartphone, il faut :

  • Faire des choix adaptés à ses besoins.
  • Se tourner vers des solutions de seconde main (occasion ou reconditionnement) ou de location : on évite alors tous les impacts de la fabrication !
  • Choisir des Smartphone conçus pour durer (iFixit propose sur son site un système de notation des Smartphone en fonction de leur niveau de réparabilité, Greenpeace a publié un classement similaire).

 

Des labels et certifications existent pour être sur de la qualité et de la soutenabilité de son téléphone :

  • L’écolabel environnemental européen L’Ange Bleu assure le respect de critères de durabilité, de critères environnementaux, sanitaires et éthiques : voir le Fairphone 2’29.
  • La certification TCO prévoit un certain nombre de critère sur la durabilité, les aspects environnementaux, d’approvisionnement et sanitaires.
  • La fédération professionnelle Rcube.org rassemble les acteurs de la réparation, du réemploi et de a réutilisation et a lancé son label « Mobile Certifié Reconditionné »
  • L’éco-organisme Eco-Systèmes a signé une charte Réemploi pour la remise en état des téléphones mobiles.

 

 

Comment bien gérer la fin de vie de son appareil?

Pour finir, petit focus sur la fin de vie de son appareil, pour éviter toute pollution post-mortem…

Si votre téléphone fonctionne encore, le garder et l’utiliser, le donner ou le revendre est la solution la plus judicieuse. Si personne ne veut de votre épave, rapportez le à l’opérateur ou au distributeur qui vous l’a vendu afin qu’ils soient traités convenablement : les smartphone sont composés de matériaux possiblement nocifs pour la santé et l’environnement s’ils ne sont pas traités conformément à la réglementation en vigueur.

Une enquête d’Interpol révèle qu’en 2012, 65% des DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques)  dans l’UE ont été commercialisés illégalement ou on fait l’objet d’une mauvaise gestion : cela a un impact important sur l’environnement et la santé publique!

Y a plus qu’à…

 

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