La nécessité de réduire drastiquement notre consommation d’aliments d’origine animale

Les produits que nous consommons peuvent avoir un impact majeur sur l’environnement et les milieux naturels, ainsi que sur les aspects sanitaires et sociaux, sans que nous en soyons informés. Le cas de la consommation alimentaire ne déroge pas à la règle et je m’attarde ici sur les conséquences de la consommation de produits d’origine animale.

L’article se base notamment sur un texte de Dany Plouffe, docteur en physique et chercheur au département de géographie de l’université Mc Gill, qui s’est appuyé sur plusieurs experts du domaine pour rédiger ce texte. L’intégralité de ce dernier est à retrouver ici. Je le complète par un article de l’APSARES qui est une association de professionnels de la santé dont les travaux portent sur l’alimentation, que vous pouvez retrouver ici.

 

La production d’origine animale : un énorme gâchis !

Lorsque l’on mange de la viande ou plus généralement des produits animaliers, nous perdons une partie importante des éléments nutritifs qui ont été ingérés par ces animaux. Voici une liste des proportions de protéines perdues entre celles nécessaires à l’alimentation de l’animal et l’animal lui-même consommé :

  • 60% des protéines sont perdus lors de la consommation de lait.
  • 70% lors de la consommation d’œuf.
  • 75% lors de la consommation de poulet.
  • 87% lors de la consommation de porc.
  • 95% lors de la consommation de bœuf.

Autrement dit, lorsque je consomme 5 unités de protéines animales issues d’un morceau de boeuf, je perds 95 unités de protéines qui ont été nécessaires à nourrir l’animal (chiffres issues de l’étude de Dany Plouffe). L’article de l’APSARES affirme qu’il faut par exemple 13 kg de céréales et 30 kg de foin pour produire 1 kg de viande de bœuf.

Ce gâchis réside dans l’utilisation de récoltes pour nourrir les animaux, plutôt que d’utiliser directement ces récoltes pour se nourrir. L’impact est encore plus grand si on utilise des terres fertiles pour faire des pâturages, puisqu’on perd alors également des terres cultivables. [Un sol fertile est un sol vivant, riche en vers de terre, champignons et bactéries, qui contribuent au recyclage de la matière organique et maintiennent une bonne porosité]

Par ailleurs, production d’origine animale demande une quantité d’espace insoutenable : 75% des terres agricoles dans le monde servent à produire de la viande, alors que celle-ci ne fournit que 8% des calories et 18% des protéines mondiales. La production de bétail monopolise environ 30% des surfaces émergées du globe (Selon l’étude l’ombre portée de l’élevage – impact environnementaux et options pour leur atténuation, publiée en 2006 : « De nos jours, on estime que la production agricole d’aliments du bétail occupe environ 30 pour cent des terres émergées. D’après les statistiques, la superficie mondiale de pâturages atteint 34,8 millions de kilomètres carrés (26 pour cent des terres émergées), tandis qu’on estime que près de 4,7 millions de kilomètres carrés de terres de culture sont actuellement consacrés à la production fourragère (4 pour cent des terres émergées ou 33 pour cent de la totalité des terres de culture) » !

Selon l’APSARES, la quantité d’aliments produits à l’échelle mondiale suffirait pour nourrir la terre entière, mais une trop grande partie est utilisée pour nourrir le bétail plutôt que les humains. Par exemple, la quantité de céréales destinée aux animaux d’élevage aux Etats-Unis pourrait nourrir environ 840 millions de personnes avec une alimentation végétale.

Je précise que 795 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde et que 3.1 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année à cause de la malnutrition (chiffres du Programme Alimentaire Mondial, ici).

 

 

Un désastre écologique et social qui met en péril la sécurité alimentaire mondiale

Dans son rapport de 2004, le World Watch Institute (organisation de recherche environnementale aux Etats-Unis) affirme que la viande animale constitue une menace pour l’avenir de l’espèce humaine en raison de ses effets sur l’environnement : déforestation, érosion, épuisement de ressources d’eau douce, pollution de l’air et de l’eau, réchauffement climatique, réduction de la biodiversité, injustices sociales, développement de maladies. La production d’aliments d’origine animale plutôt que végétale engendre une multiplication des impacts négatifs : plus de pesticides utilisés, plus de fertilisants, plus de risque de dégradation des sols, plus de gaz à effet de serre émis, une pression sur les écosystèmes et sur le système agricole.

L’alimentation d’origine animale est aujourd’hui la principale cause de perte de biodiversité dans le monde (à cause par exemple de la destruction des habitats de la biodiversité pour faire pousser la nourriture du bétail).

L’agriculture, dont principalement l’élevage, est l’activité humaine la plus consommatrice d’eau douce (il faut compter environ 100 fois plus d’eau pour produire 1 kg de protéine animale plutôt qu’1 kg de protéines végétales).

Il faut également en moyenne 25 000 calories d’énergie fossile pour produire 1 000 calories de protéines animales, contre 2 200 pour les protéines animales (perte énergétique dans la conversion des céréales en viande).

L’élevage est responsable de 80% des émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture, soit 18% des émissions des activités humaines.

C’est aussi l’une des filières qui pollue le plus la terre et les eaux. La moitié des récoltes de céréales et 90% des récoltes de soja, par exemple, sont des monocultures intensives destinées à nourrir l’alimentation animale. Cela nécessite des fertilisants chimiques de synthèse et des pesticides, dont la moitié environ infiltre et pollue les sols et l’eau (l’autre moitié est absorbé par la récolte). Les déjections quant à elles, sont en trop grandes quantités pour être recyclées par les écosystèmes, ce qui constitue une menace sanitaire (contamination des eaux en azote, contamination bactérienne, émissions d’ammoniaque qui forment des pluies acides).

 

 

Les produits animaliers ne sont pas nécessaires à une bonne santé

La consommation de viande peut avoir des effets néfaste sur la santé, bien sûr, cela varie en fonction des quantités (risque d’infection, antibiorésistance, maladies type cancer, etc). Ce n’est pas l’objet de mon article, mais je vous invite à lire cet article de viande-info et notamment ses sources, ici.

France TV info fait le point dans l’article suivant, ici, sur les études concernant l’impact du végétarisme sur la santé :

  • L’université d’Oxford démontre dans une étude que le régime végétarien réduit le risque de maladies cardiovasculaires de 32%. L’étude se base sur les données sanguines de 45 000 britanniques âgés de 50 à 70 ans. Par exemple, les végétariens ont un taux de « mauvais » cholestérol et un indice de masse corporelle plus faible que les non-végétariens, étude à retrouver ici.
  • Une autre étude de l’université américaine de Loma Lunda, affirme qu’être végétarien permettrait de diminuer le risque de cancer colorectal de 22% (et de 43% pour les pesco-végétariens, qui mangent du poisson). Ce type de cancer fait 17 000 morts par an en France. Etude à retrouver ici.

Et au niveau des carences ? Plusieurs études médicales ont montré que les végétariens étaient sujets à des carences en vitamine B12, en fer, en vitamine D et en oméga 3. Le directeur de recherche honoraire à l’Inra, Léon Guéguen, affirme que la suppression de la viande seule ne posait pas de problème nutritionnel majeur si les protéines étaient apportées par les produits laitiers, et les œufs, voire le poisson. Et que, pour des végétaliens par exemple, des sources végétales bien choisies et d’éventuels compléments de fer et de vitamine B12 suffisaient à éviter tout risque de carence. Les légumineuses conviennent à l’apport de fer et de protéines (lentilles, haricots rouges, pois chiches, fèves, pois cassés, etc.), les noix, le colza et le soja  conviennent pour l’apport d’oméga 3, et pour le calcium, les aliments comme le chou, les épinards, le brocoli, le cresson ou encore les amandes, les pistaches et les graines de sésames conviennent parfaitement.

 

 

Conclusion

Arrêter de consommer de la viande n’est pas un effet de mode mais bien une nécessité environnementale, sociale et écologique. La crise écologique, notre incapacité à assurer la sécurité mondiale, ou l’augmentation de la démographie doivent sérieusement nous faire réfléchir à notre alimentation. Nous devons arrêter de consommer autant de viande (et de produits d’origine animale en général) et diversifier notre alimentation, cela n’impacterait pas notre confort, ni notre santé, mais soulagerait sensiblement la planète.

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