L’appel de la vie – Comment faire face à l’extinction des espèces vivantes (Partie 2)

Nous faisons face à une crise bien plus importante que n’importe quelle autre : l’effondrement de la biodiversité ! Le film L’appel de la vie, expose les différents facteurs de cette extinction du vivant à travers plusieurs interviews de biologistes et d’écologistes. Il permet de comprendre pourquoi nous parlons de 6ème extinction de masse des espèces (partie 1), ainsi que les mécanismes qui font que l’humain industriel détruit la planète dont il fait partie (partie 2), et en quoi la réponse à cet appel de la vie est une nécessité pour l’humanité et le monde vivant (partie 3).

 

L’appel de la vie – Partie 2 : Société de consommation, déni et inefficacité des institutions

 

La société de consommation est basée sur la destruction de la nature, mais pas sur le bien être des humains (et encore moins des non humains)

L’Homme pense pouvoir contrôler la nature, mais cette arrogance le mène tout droit à sa perte. Les corporations et le capitalisme financier sont aujourd’hui plus forts que jamais, à tel point qu’il est difficile d’apporter une discussion intelligente dans les médias sur leurs inconvénients. Les intérêts capitalistes ont besoin pour continuer à prospérer que leurs clients se sentent libre de continuer à consommer, pour cela, ils utilisent le greenwashing (l’exemple des énergies renouvelables qui seraient propres, voire « le mensonge de la croissance verte » ou  » La transition anti-écologique « ) et des ONG dont la plupart n’essayent pas de faire contrepoids à ce capitalisme destructeur [on parle d’ailleurs de capitalocène].

Or, le capitalisme est inéluctablement lié au désastre écologique puisqu’il se base sur un modèle de croissance infinie qui entraîne l’externalisation des coûts : les émissions de gaz à effet de serre, la montée du niveau des océans, la fonte des glaciers, les extinctions d’espèces, l’augmentation des cancers, etc. ne sont pas pris en compte dans les bilans économiques. Cette culture de la croissance infinie est ce qui détruit la planète, elle consume un territoire puis passe au suivant. Nos sociétés et nos économies sont dirigées par la consommation.

Pourtant, il y a des études qui montrent qu’une fois que les besoins fondamentaux d’un individu sont assurés, son bonheur ne dépend plus de sa consommation. Par exemple, la courbe d’indice de satisfaction aux USA reste inchangée depuis 1950 alors que la consommation a explosé. L’idée fausse du consommateur est que s’il avait plus d’argent, il serait plus heureux : cela entraîne une éternelle frustration. En effet, les gens qui gagnent 10 000€ pensent cela, et ceux qui gagnent un million aussi, c’est donc sans fin. Les gens ne se disent pourtant pas sur leur lit de mort : « Zut, j’aurais aimé gagner plus pour consommer plus ».

 

La solution par la technologie : le mensonge de l’écologie capitaliste

Il est dangereux pour nous et nos enfants d’avoir l’arrogance de penser que nous pourrions réparer les dégradations commises sur l’environnement en trouvant des nouvelles technologies. Cela consiste à dire que le système économique est plus important que la planète. Si nous observons toutes les « solutions » médiatiques au réchauffement climatique, nous voyons bien que celles-ci considèrent toutes le capitalisme comme une donnée :  « Mince ! Comment arrête-t-on le changement climatique en gardant l’économie industrielle ? » Cela n’est malheureusement pas possible [C’est là tout le mensonge de la croissance verte].

L’arnaque de ces technologies réside dans le fait que les destructions de l’environnement et de la biodiversité associée, ou bien les ressources à extraire pour les mettre en place ne sont jamais prises en compte dans le calcul. Pourtant, chaque développement de technologie nécessite à chaque fois plus de réseau de support, plus de câblage, plus de métaux, plus de mines, plus de coûts, plus d’investissement, plus de transport, plus de systèmes de transport… Il n’y a pas de technologies sans extractions associées, sans dégradation de l’environnement, sans exploitation des peuples [Pour aller plus loin, voir les travaux de Guillaume Pitron « La guerre des métaux rares » ou de Philippe Bihouix « L‘âge des low-tech »]. La techno-solution est en fait la mise en danger des générations futures pour notre propre bénéfice : nous n’endossons pas la responsabilité pour ce que nous et nos ancêtres avons fait, mais nous transmettons la balle aux générations futures [autrement dit, et soyons clairs, le refus de ralentir et l’acceptation de la fuite en avant technologique sont en fait le refus de renoncer à notre « confort » matérialiste et l’acceptation de compromettre la vie de nos enfants].

 

Notre inaction provient de notre déni, et de la société de consommation qui l’alimente

Chaos climatique, centaine d’espèces qui disparaissent chaque jour, dégradation des milieux naturels, pollutions généralisées, déforestation… Nous vivons dans une culture de déni et d’évitement des désastres environnementaux : nous voulons profiter aujourd’hui, sans se préoccuper du lendemain. Pourtant, la plupart des gens se soucient de l’environnement et de ce qui arrive à la Terre, cela les rend tristes, malheureux, énervés. Alors, pourquoi continuons-nous comme si de rien n’était ? Pourquoi nos actions sont-elles déconnectées de ce que l’on ressent ? Cela s’appelle le déni.

Notre société de consommation aide notre déni. Les médias nous rabâchent sans cesse que pour être heureux, nous devons consommer. Aux USA, il est presque anti-américain de ne pas vouloir participer à la course à la possession matérialiste. Ainsi, nous savons que notre consommation détruit l’environnement, mais nous l’oublions une fois dans le magasin. Pour maintenir nos modes de vie sans culpabiliser, nous mentons et nous nous mentons, et peu importe que le mensonge soit plausible ou non. Lorsque les intérêts capitalistes répètent que tout va bien, qu’il n’y a pas à s’inquiéter et que les alarmistes essayent juste de nous mener en bateau et que la situation n’est pas si grave, nous préférons les croire. Car ce mensonge est plus facile à entendre que la vérité : «  c’est le pire problème que la planète n’ait jamais connu, et il va falloir revoir notre façon de vivre ».

Comme tout système abusif, la société de croissance industrielle nous a rendu dépendant d’elle pour notre survie, pour qu’on ne puisse pas la combattre. Elle abuse de nous mais nous en sommes dépendant, donc nous ne faisons rien ! Elle facilite notre posture du déni en nous renvoyant une image de nous comme de petits êtres nécessiteux. Et donc, comme notre nourriture provient des supermarchés, que notre eau provient du robinet, nous défendrons le système qui permet cela, car c’est notre expérience, peu importe nos convictions. Cela nous fait oublier que notre nourriture et notre eau proviennent en fait de la Terre, et que nous devrions nous battre pour la préserver [et maintenant la régénérer].

 

Le manque de courage et d’efficacité des politiques et des institutions

Il existe un fossé immense entre le savoir de la communauté universitaire, ce qui doit être fait pour laisser une planète vivable aux prochaines générations, ce que comprend le public, et ce que les politiciens sont prêt à faire pour répondre aux enjeux. Le politicien veut toujours plus de consommation, car c’est ainsi que l’économie croît, cela revient quelque part à essayer de soigner notre cancer en augmentant nos cellules cancéreuses !

Les scientifiques alertent sur le fait que nous traversons la pire crise que la planète n’ait jamais connu, et pourtant, les ONG environnementales et le public qui les suit ne le comprennent pas [ou ne veulent pas le comprendre, ou nous manipulent, ou sont manipulés]. Les ONG n’allouent par exemple pas de ressources et n’éduquent pas le grand public sur le risque d’extinction de masse car cela n’est pas politiquement rentable. Les scientifiques ont de plus en plus de mal à annoncer des mauvaises nouvelles, car les gens ne veulent pas les entendre, et il y a donc un risque d’anéantissement de carrière pour les scientifiques qui seraient trop francs sur le sujet.

Il est toutefois urgent d’arrêter de nous faire du mal et d’affronter la réalité : « Même si on retire la pollution en aval, qu’on nettoie les sources en amont, qu’on crée de nouvelles lois pour l’équité, l’éducation, ou la santé, au final tout ça ne sert qu’à s’occuper des symptômes. Tant que l’on ne change pas notre façon de penser, notre structure et notre orientation, nous allons continuer à faire des erreurs ».

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