De la destruction de la planète par la civilisation industrielle à sa régénération par la permaculture

Le jour de dépassement arrive chaque année un peu plus tôt, qu’elle en est réellement la cause ? Comment inverser la tendance ?

 

Le jour de dépassement français, c’est le 5 mai

Samedi 5 mai 2018, c’est le jour de dépassement français. C’est-à-dire le jour où la France aura consommé plus de ressources que ce que la planète pourrait supporter en un an si tous ses habitants vivaient comme des français. Ou plutôt le jour où le français « civilisés » [dont je fais partie] appartenant au système France, payant ses impôts, travaillant corps et âme au développement de son pays, et profitant de son salaire pour consommer ses besoins vitaux ou non-vitaux [alors que, comble du comble, il pourrait les produire lui même], aura épuisé sa part de planète qui lui « revient ». A partir de dimanche 6 mai, il vit en épuisant la planète et la vie qui s’y est développé depuis des millions d’années. A partir de ce dimanche, il consomme les ressources des autres populations, des autres espèces, des prochaines générations. Et pour faire court, plus il gagne d’argent, plus il bouffe la planète. L’argent, cette chose dont tout le monde raffole : quel plaisir de détruire la planète ! Je ne suis pas pessimiste ou provocateur, je précise seulement la notion de dépassement appliquée à l’échelle de la France. Depuis des décennies, arrivent sur le marché des oxymores tels que « développement durable » puis « croissance verte » ou encore « économie circulaire », mais pourtant, nous grignotons de plus en plus la planète, et je ne pense pas que cela ira en s’améliorant. Et les écosystèmes détruits cette année, les espèces disparues, les pollutions émises, les sols devenus morts, les déchets entassés, les forêts dévastées, etc. ne sont pas remis à 0 au 1er janvier prochain. On n’insère pas une pièce pour rejouer.

 

Le bal des anti-solutions capitalistes

Va s’en suivre dans toute une série d’articles ou d’émissions télévisées tout un tas de non-solutions capitalistes. Ainsi, il faudra remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables, ce qui au passage n’a aucune influence sur tous les désastres en cours, au contraire, cela fait toujours plus d’énergie, plus de ressources à extraire, plus de milieux naturels saccagés, en plus de permettre au monde industriel de continuer ses massacres quand les énergies fossiles manqueront, d’où l’engouement politique et médiatique concernant les ENR. On nous culpabilisera également en nous disant qu’il faut éteindre nos lumières ou prendre des douches courtes, ce qui n’a évidemment strictement aucun impact sur les désastres en cours, puisque le monde industriel utilise la grande majorité de l’eau et de l’énergie. On nous dira aussi d’arrêter de jeter nos sacs en plastiques alors que le monde industriel continue d’en fabriquer et que tous les déchets, même triés, ne seront jamais traitées de manière soutenable tout simplement car ce sont des déchets (ils seront, cochez la solution que vous préférez, incinérés, recyclés avec des coûts énergétiques faramineux, jetés dans l’environnement, jetés dans les pays pauvres, jetés dans l’espace, enterrés dans le sol…). Nous sommes la seule espèce à produire des déchets, et nous nous considérons supérieure aux autres, tiens tiens. On nous dira aussi qu’il faut passer aux voitures électriques, moins se chauffer, moins manger de viande, etc. Soit tout autant de fausses solutions… Mais on ne nous dira jamais que c’est notre civilisation industrielle [pas l’Homme, car des milliers de « non civilisés » vivent de manière soutenable partout dans le monde] dont nous sommes dépendant à 100% pour nos besoins vitaux, autrement dit dont nous sommes les esclaves, est en train de détruire la planète et l’ensemble du vivant, et que la seule solution envisageable pour freiner puis inverser le processus est de s’en émanciper au plus vite ! Oui, je veux bien dire vivre de manière autonome vis-à-vis du monde industriel !

 

La permaculture, inventée en réponse à ce constat

La permaculture a été inventé en 1972 par deux collapsologues, David Holmgren et Bill Mollison (retrouvez leur livre en PDF ici). Face au constat de la destruction engendrée par le monde industriel, et face aux erreurs plus lointaines de l’humanité (comme  la déforestation et l’agriculture il y a 10 000 ans) qui mettent en péril notre survie et celle des autres espèces, elle propose de changer de paradigme et de restaurer les écosystèmes, tout en produisant les besoins vitaux de l’humanité, c’est-à-dire l’habitat, l’air sain, l’eau potable, l’énergie, la nourriture, la gestion des déchets, l’organisation juste du corps social. Un design en permaculture (conception, aménagement, planification et organisation) peut s’appliquer à toutes les échelles de l’individu, à la cellule familiale, en passant par la ville. Il s’agit de produire les besoins vitaux de ce nombre de personnes de manière autonome, gratuite, abondante, avec peu de travail manuel, et de redistribuer le surplus à la nature ou aux humains. Comment ? En s’inspirant des milieux les plus productifs du monde : les forêts primaires ! Autrement dit, produire nos besoins en respectant les lois du vivant, afin de sortir de nos modèles esclavagistes qui nécessitent plus d’énergie qu’ils nous en fournissent (l’agriculture qui doit injecter dans un système jusqu’à 15 fois plus d’énergie qu’elle n’en récupère, d’où le besoin d’esclaves).

La permaculture permet de reforester la planète et de s’y intégrer (on ne parle pas forcément de forêt ultra dense avec que des grands arbres mais de sorte de forêts comestibles). Ainsi, nous atténuons l’emballement climatique, nous dépolluons les milieux, nous stoppons l’érosion des sols, nous régénérons les sols et la biodiversité, nous ne produisons plus de déchets, et nous retrouvons notre place au sein du monde naturel et du vivant. Rob Hopkins, qui a créé le mouvement des Villes en Transition, est un permaculteur. Preuve que cela s’applique aussi bien aux milieux urbains qu’aux milieux ruraux (même si les milieux très urbains sont probablement amenés à disparaître tant ils sont hors-sol et non autonomes). Loin de faire confiance aux technologies, aux politiques, aux ingénieurs spécialistes qui nous ont mis dans cette situation de quasi-non-retour, et loin de rester passif face à tous ces constats alarmants, la permaculture fait confiance à la puissance du vivant, cette puissance même qui a permis la vie et le développement de dizaines de millions d’espèces diverses et magnifiques. Il est désormais du devoir de tout le monde, à commencer par l’échelle individuelle, de reconquérir son autonomie, de redonner à la nature sa place, d’inverser le processus de destruction en cours, de choisir la vie plutôt que la mort. Résister au monde industriel, partir s’il le faut, appliquer les principes de la permaculture pour assurer son autonomie et ne plus dépendre d’un système qui s’effondre et compte bien emmener tout le vivant avec lui. Est-ce vraiment raisonnable de laisser à un système aussi grand et aussi complexe l’ensemble de nos besoins vitaux ? Même si cela semble risqué d’en sortir, n’est-ce pas plus risqué de ne pas le faire ?!

 

En savoir plus sur la permaculture :

 

P1040189.JPGJardin urbain de 30m² en permaculture, 18 arbres dont 95% sont des fruitiers, une dizaine d’arbustes (petits fruits  type framboisiers, groseilliers) une dizaine de lianes comestibles, et de très nombreuses herbacées. Designer : Fériel Bissekri.

 

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