Kit du potager ultra productif en permaculture

Quelques règles de bases à respecter pour produire de manière efficace sur une petite surface

Les arbres, et notamment ceux dont les feuilles sont comestibles, sont ce qu’il y a de plus productif en termes de production végétale (pour l’alimentation mais pas que). Si toutefois l’espace manque et que nous souhaitons réaliser un potager, il existe alors des règles basiques à respecter, celles du vivant, pour que ce dernier soit très productif. Il sera alors possible d’optimiser au maximum la production au m² quand ces derniers se font rares, comme en ville et par exemple sur un balcon.

  • Diversité/densité: Il n’y a pas de limite à la densité, entre deux graines, il est toujours possible d’en semer une ! C’est le principe de la densité. Plus nous semons de manière dense, plus le sol va s’enrichir, plus l’ensemble des plantes pourront en profiter, plus la production sera grande. Les plantes d’espèces différentes sont en principe non concurrentielles, ainsi en diversifiant un maximum les espèces semées, nous pouvons réduire le risque que deux espèces identiques se concurrencent sur les nutriments à puiser dans le sol.
  • Ne pas travailler la terre: La nature sait faire, bien mieux que nous ! Il s’agit de la laisser faire pour à la fois arrêter de se casser le dos, et par ailleurs avoir un sol naturellement vivant et beaucoup plus fertile. La partie supérieure de la terre ne doit pas être enterrée puisqu’elle est composée d’organismes vivant en aérobie (avec présence d’air). A l’inverse, la partie intérieure de la terre est composée d’organismes vivant en anaérobie (en absence d’air). Labourer est donc un scandale puisqu’on inverse les couches, ce qui fait que les organismes dedans, pourtant indispensables à la bonne qualité du sol, meurent, en rejetant du méthane. On peut cependant arroser le sol s’il est trop sec, notamment au début.
  • Recouvrir le sol avec du mulch (couverture): Pour que les organismes dans le sol vivent, ils doivent avoir un toit, c’est le mulch. Le sol ne doit jamais être à nue, il n’aime pas la lumière directe du soleil ! Le mulch doit se composer de matière carbonée (feuilles mortes, bois mort) et de matières azotés (peaux, épluchures ou restes de fruits et légumes bio, herbes). On dit souvent que le rapport carbone/azote doit être d’environ 12, c’est-à-dire qu’il doit y avoir plus de matière carbonée que de matière azotée. Le mulch protège également la terre d’éventuels animaux qui pourrait la gratter et permet de mieux conserver l’humidité.
  • Il n’y a pas de mauvaises herbes : Cela n’existe pas ! Si certaines plantes existent déjà sur le terrain ou si elles apparaissent spontanément, tant mieux ! Elles sont en fait très utiles puisqu’elles apparaissent pour compenser un excès ou une carence de nutriments dans le sol. Une fois le sol revenu à l’équilibre, elles disparaissent. Elles permettent aussi d’enrichir un sol initialement pauvre pour que les espèces semées puissent prospérer plus facilement. Un terrain bien équilibré, densifié, diversifié, permet de s’affranchir d’invasion de ces plantes spontanées. Certaines sont d’ailleurs comestibles et très nutritives (bien plus que nos tomates ou nos salades domestiques), d’autres ont des vertus médicinales. Profitons-en ! -> Voir les travaux de Couplan pour apprendre les plantes sauvages spontanées.
  • Les plantes n’aiment pas le plein soleil: La photosynthèse nécessaire à leur développement s’effectue grâce à la lumière diffuse du soleil, et non directe ! Elles préfèrent l’ombre, plus ou moins selon les espèces, le climat, etc. Il existe tout un panel d’ombre avec lequel on peut jouer, du plein soleil à l’ombre totale. L’idéal est donc d’avoir des arbres, même petits, quand cela est possible. Sinon, des espèces plus pionnières (qui peuvent pousser même en plein soleil) se développeront en premier permettant ainsi aux espèces climaciques (qui poussent à l’ombre) de se développer plus facilement. Le soleil est quasiment la seule énergie nécessaire en permaculture, jouer avec l’ombre permet de piloter cette énergie.
  • Les plantes n’aiment pas le vent : Il faut alors autant que faire se peut s’en protéger. Réfléchir à la direction d’où il provient, et éventuellement protéger ses plantes avec des matériaux adéquats. Certaines plantes plus robustes peuvent également protéger les plus fragiles.

 

Voici les quelques principes à respecter pour optimiser la productivité de son potager. Il faut également penser à quelques petites astuces pratiques avant de se lancer :

  • Prenez des semences issues de l’agriculture biologique (chez Kokopelli par exemple), pas des semences hybrides ou F1.
  • Pour faciliter la cueillette, il sera plus pratique de mettre les plantes les plus grandes, qui se cueillent, à l’arrière. Ainsi elles ne cacheront pas les plus petites.
  • Il faut bien placer les légumes qui se déterrent. Les mettre n’importe où pourra rendre plus difficile leur récolte, et pourra abîmer le reste du potager. On peut par exemple les mettre à l’avant.
  • Réfléchir à la date de récolte. Il peut être judicieux de placer les produits qui se récoltent en dernier, le plus en arrière.
  • Le potager doit être accessible, autrement dit à « portée de main », littéralement. Pas la peine de faire un carré dont le centre sera inaccessible, un U pourra alors être plus intéressant.
  • Il peut être précieux de faire fleurir certaines espèces pour en récolter les semences et les conserver ou les donner. Garder les pépins et les noyaux de ses fruits et légumes bio également.

 

La permaculture s’inspire notamment des écosystèmes naturels ultra productifs comme les forêts primaires : pas beaucoup de lumière directe du soleil sur le sol, un sol toujours recouvert de mulch, beaucoup d’arbres, une grande diversité et une grande densité d’espèces, pas de mauvaises herbes inutiles, pas de vent et pas d’humains pour travailler le sol !

A vous de jouer !

 

En savoir plus sur la permaculture

Interview youtube d’Eric Escoffier :
l’humanité survivra-t-elle à l’agriculture  (et à la technologie) 1,
l’humanité survivra-t-elle à agriculture (et à la technologie) 2,
Série de 7 vidéos, des besoins de l’humanité aux promesses de la permaculture

Article écrit de permaculture sans frontière :
l’humanité survivra-t-elle à l’agriculture et à la technologie? Et pourquoi la permaculture

Exemple de jardin en permaculture :
Permaculture – Jardin des fraternités ouvrières en Belgique

Quelques photos de mon balcon sur lequel j’ai appliqué ces principes

P1040221.JPG

P1040226.JPG

P1040224.JPG

P1040225.JPG

3 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s