Kit pour cultiver de manière ultra-productive sur une petite surface

Beaucoup d’entre-nous disposons de petites surfaces pour cultiver : jardin, terrasse, balcon, jardinière, etc. Alors que nous sommes confrontés à de nombreux problèmes, notamment en ville (climatiques, nourriture, eau, air…), cultiver des végétaux même sur une toute petite surface peut avoir des effets bénéfiques et très rapides. En effet, les végétaux apportent de l’ombre et rafraîchissent l’air en été, permettent d’isoler thermiquement le bâti en hiver, absorbent les pollutions atmosphériques et produisent de l’oxygène, isolent phoniquement des bruits extérieurs, permettent à la biodiversité de s’abriter et se nourrir… et bien sûr les végétaux nous permettent de nous nourrir et de nous soigner.

Aussi, végétaliser (et nous pouvons le faire à n’importe quelle échelle : du petit pot sur le balcon aux pieds d’arbres en ville…) est une solution efficace, rapide, gratifiante et presque gratuite! Nous proposons dans cet article quelques règles du vivant à respecter et des astuces pour optimiser ces espaces et ainsi être très productifs et efficaces. Pour aller plus loin encore, nous vous invitons à étudier ce qu’est le design en permaculture.

Quelques règles de base à respecter pour produire de manière efficace sur une petite surface

  • Les arbres : Ils disposent d’une très grande quantité de feuilles qui, lorsqu’elles sont comestibles et/ou médicinales, représentent une ressource importante. De plus, ils fournissent de l’ombre et créent de la fertilité et du carbone (voir cet article sur l’importance fondamentale des arbres dans le fonctionnement des sols) et seront donc d’extraordinaires alliés pour nos espaces cultivés, et même si ces derniers sont petits.
  • Penser en 3D : afin d’optimiser l’espace, il est nécessaire d’utiliser les trois dimensions disponibles et réaliser ainsi différentes strates de végétaux. Par exemple, des légumes-racines pourront co-habiter avec des couvres-sols mais aussi des lianes, des arbrisseaux et des arbres !
  • Diversité/densité : Il n’y a pas de limite à la densité : « entre deux graines, il est toujours possible d’en semer une » ! Les plantes d’espèces différentes sont en principe non concurrentielles, et même s’apportent des nutriments (les déchets des uns sont la nourriture des autres). Une très grande diversité de plantes permet également de limiter la prolifération des « pestes » (ravageurs, maladies, etc.). Plus nous semons de manière dense et diversifiée, plus le sol va s’enrichir, plus l’ensemble des plantes pourront en profiter, plus la production sera grande.
  • Ne pas travailler la terre : La nature sait faire, bien mieux que nous ! Il s’agit de la laisser faire pour à la fois arrêter de se casser le dos, et par ailleurs avoir un sol naturellement vivant et beaucoup plus fertile. La partie supérieure d’un sol ne doit pas être enterrée puisqu’elle est composée d’organismes vivant en aérobie (avec présence d’air). A l’inverse, certaines parties inférieures d’un sol sont composées d’organismes vivant en anaérobie (en absence d’air). Labourer est donc une erreur  puisqu’on inverse l’ordre des horizons, ce qui fait que les organismes qui les constituent, pourtant indispensables à la bonne qualité du sol, meurent (voir cet article sur le fonctionnement des sols). On peut cependant arroser le sol s’il est trop sec, notamment au début. Ne pas travailler le sol et faire confiance à la nature, cela signifie également ne pas utiliser d’engrais ou de pesticides, même naturels. La densité et la diversité ainsi que la présence des micro-organismes et de la faune sous et sur le mulch permettront de recréer un écosystème équilibré, qui intégre l’ensemble de la biodiversité (plutot que de lutter contre) et qui ne nécessite pas de travail (désherbage, produits diverses). Dans le même esprit, enterrer de la matière organique (bois, orties, autre) sera contre productif (voir les travaux de Claude et Lydia Bourguignon).
  • Recouvrir le sol avec du mulch (couverture: Pour que les micro-organismes dans le sol vivent, ils doivent avoir un toit, aussi utilisons-nous le mulch pour le protéger (érosion, évaporation, soleil…), le nourrir (le mulch est détérioré par les micro-organismes). Le sol ne doit jamais être à nu, il n’aime pas la lumière directe du soleil ! Le mulch doit se composer de matière carbonée (feuilles mortes, bois mort) et de matière azotée (peaux, épluchures ou restes de fruits et légumes bio, herbes). Le rapport carbone/azote idéal doit être d’environ 12, c’est-à-dire qu’il doit y avoir plus de matière carbonée que de matière azotée. Le mulch permet de mieux conserver l’humidité. Il constitue également un bon refuge pour certains insectes qui viendront à leur tour nourrir certains oiseaux insectivores ou des hérissons par exemple…
  • Il n’y a pas de mauvaises herbes : Cela n’existe pas ! Si certaines plantes existent déjà sur le terrain ou si elles apparaissent spontanément, tant mieux ! Elles sont en fait très utiles puisqu’elles apparaissent pour compenser un excès ou une carence de nutriments dans le sol. Une fois le sol revenu à l’équilibre, elles disparaissent. Elles permettent aussi d’enrichir un sol initialement pauvre pour que les espèces semées puissent prospérer plus facilement. Un sol ou un substrat bien équilibré, densifié, diversifié, permet de s’affranchir d’invasion de ces plantes spontanées. Certaines sont d’ailleurs comestibles et très nutritives (bien plus que nos tomates ou nos salades domestiques), d’autres ont des vertus médicinales. Profitons-en ! -> Voir les travaux de François Couplan et Gérard Ducerf pour comprendre et connaître les plantes sauvages comestibles et les plantes bio-indicatrices.
  • Les plantes n’aiment pas le plein soleil : La photosynthèse nécessaire à leur développement s’effectue principalement grâce à la lumière diffuse du soleil, et non directe ! Une très grande majorité d’entre-elles préfèrent l’ombre, plus ou moins selon les espèces, le climat, etc. Il existe tout une palette d’ombres avec lesquelles on peut jouer, de la grande luminosité à une ombre très dense. L’idéal est donc d’avoir des arbres, même petits, quand cela est possible. Les espèces pionnières (qui peuvent pousser même en plein soleil) se développeront en premier permettant ainsi aux espèces préférant  plus ou moins d’ombre de se développer plus facilement. Le soleil est quasiment la seule énergie nécessaire en permaculture, jouer avec l’ombre permet de piloter cette énergie.
  • Les plantes n’aiment pas le vent : Il faut alors autant que faire se peut s’en protéger. Il convient donc d’identifier les secteurs vents en fonction des saisons et le cas échéant protéger les plantes du vent (brise-vent végétal et vivant ou autre selon ce dont on dispose).

 

Voici les quelques principes à respecter pour optimiser la productivité de ses cultures vivrières. Il faut également penser à quelques petites astuces pratiques avant de se lancer :

  • Prenez des semences issues de l’agriculture biologique (chez Kokopelli par exemple), pas des semences hybrides ou OGM. Pensez également à glaner des graines sauvages dans la nature pour les semer ensuite.
  • Pour faciliter la cueillette, il sera plus pratique de mettre les plantes les plus grandes, à l’arrière. Ainsi elles ne cacheront pas les plus petites lors des récoltes.
  • Réfléchir à la date de récolte en fonction des saisons afin que la récolte soit facile dans l’espace et le temps.
  • Les cultures vivrières doivent être accessible, autrement dit à « portée de main », littéralement. Pas la peine de faire un carré dont le centre sera inaccessible, un U pourra alors être plus intéressant.
  • Il peut être précieux de laisser fleurir certaines espèces pour en récolter les semences et les conserver ou les donner. Garder les pépins et les noyaux de ses fruits et légumes bio également.
  • Semer également des plantes compagnes (bourrache, consoude…).
  • Conservez un espace « sauvage », même petit, sur lequel vous n’intervenez pas mais où vous laissez la nature sauvage s’exprimer (la zone 5 en permaculture).

La permaculture s’inspire notamment des écosystèmes naturels ultra productifs comme les forêts primaires : pas beaucoup de lumière directe du soleil sur le sol, un sol toujours recouvert de mulch, beaucoup d’arbres, une grande diversité et une grande densité d’espèces, pas de mauvaises herbes inutiles, pas de vent et pas d’humains pour travailler le sol !

A vous de jouer !

En savoir plus sur la permaculture

Interview youtube d’Eric Escoffier :
Série de 7 vidéos, des besoins de l’humanité aux promesses de la permaculture

Article écrit de permaculture sans frontière :
l’humanité survivra-t-elle à l’agriculture et à la technologie? Et pourquoi la permaculture

Exemple de jardins en permaculture :
Permaculture – Jardin des fraternités ouvrières en Belgique

Présentation d’un jardin en permaculture en milieu urbain

 

Quelques photos de mon balcon sur lequel j’ai appliqué ces principes

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