Augmenter son confort de vie pour sauver la planète

On entend de plus en plus qu’il faut « réduire son confort pour lutter contre le climat ». Et surtout dans la sphère écolo. Cette idée est fausse sur plusieurs points et il est nécessaire de s’en défaire si on veut avoir une chance de ne pas perdre, sans même l’avoir menée, cette lutte entre le vivant et la civilisation industrielle et l’élite qui la domine.

 

Première fausse croyance : il faut lutter contre le climat

C’est l’essence même de mon site. Sortir de cette croyance que le grand ennemi serait le climat. Et que son dérèglement serait la grande menace à laquelle il faudrait se préparer. Déjà, le climat, c’est personne. Ça ne sert à rien de lutter contre lui. Et, évidemment, nous faisons face à une planète complètement dérégulée, chaotique, puisque nous l’avons détruite… Nous détruisons les forêts depuis des milliers d’années, celles-la même qui sont la source de la richesse de la vie sur Terre, et qui permettent à tous les cycles naturels d’être régulés. Celles-là même qui nous ont fourni historiquement nos besoins vitaux en tant qu’humains. Celles-là même qui font pleuvoir et qui remplissent les nappes phréatiques grâce aux arbres. Celles-là même qui abritent la biodiversité sur Terre, qui fournissent un sol vivant, qui permettent à la planète d’avoir un climat stable.

Cette déforestation a commencé il y a bien longtemps, s’est accélérée lorsque nous avons fait le choix de l’agriculture plutôt que des forêts. Elle s’accélère de manière exponentielle depuis la révolution industrielle qui découle de ce choix de l’agriculture (ici, l’excellent article « l’humanité survivra-t-elle à l’agriculture et à la technologie, et pourquoi la permaculture). Et la tendance actuelle qui nous mène vers le transhumanisme et la géo-ingénierie achèvera définitivement ce qu’il reste de forêts et de vivant (le transhumanisme c’est pas demain, c’est maintenant, en savoir plus). Aujourd’hui, nous pouvons même nous demander si l’objectif des dirigeants de ce monde, qu’on les appelle les politiques, les multinationales, ou autre, n’est pas de détruire au plus vite le peu de forêts qu’il reste pour en finir au plus vite avec cette planète vivante et les humains. Et cela bien sûr avec l’aide de tous, puisque nous leur mangeons dans la main.

Les émissions de gaz à effet de serre, les désastres environnementaux en tout genre, les crises sociales, tout ce qui menace l’humanité et le vivant à court terme ne sont que le fruit de notre culture dominante qui se base sur l’agriculture et qui mène à la civilisation industrielle. Et réduire nos émissions de gaz à effet de serre (du moins, sur le papier, puisqu’elles ne baissent pas historiquement malgré les écogestes, la croissance verte ou le développement durable qui ne sont tous que du pur greenwashing), réduire notre consommation d’eau, ou encore réduire les déchets en plastique dans les océans, ne rétablissent pas la situation. Au mieux du mieux, cela met un pansement sur une jambe de bois. J’entends déjà dire que je suis un « démoralisateur », attention! je ne dis pas qu’il ne faut pas réduire son impact individuel, je dis seulement que, physiquement, ça ne changera rien, nuance !

Nous sommes à l’heure d’un nouveau tournant technologique, dont le but serait de « lutter contre le changement climatique ». Cette « révolution » technologique est soutenue par le Giec (à travers la géo-ingénierie) qui tourne des boutons et le climat à venir et ses conséquences. Sachons que toutes ces solutions technologiques ne feront qu’empirer les choses, détruiront de plus en plus les écosystèmes, complexifieront toujours plus nos systèmes en les rendant plus dangereux, mais surtout, cela nous rendra de plus en plus dépendants du système industriel, de plus en plus esclaves, de moins en moins humains. Si nous voulons honnêtement « lutter contre le climat », ou plus généralement inverser le processus de destruction du vivant, alors il faudra reforester, ou laisser la planète se reforester,  et arrêter de détruire. Et si nous voulons au passage maintenir l’humanité, et retrouver notre liberté et notre autonomie, alors il faudra recréer des forêts capables de fournir localement nos besoins vitaux (c’est l’objectif de la permaculture !).

Deuxième fausse-croyance : il faut réduire notre confort

Alors là c’est fort ! Pour maintenir une planète vivable, il va falloir réduire notre confort. Et pourquoi pas réduire nos libertés (oups, c’est ce que proposent certains, si si vraiment). C’est ce que défendent les écologistes mainstream, c’est ce que je comprends dans les discours de tous les experts, de Jean-Marc Jancovici à Aurélien Barrau (une critique pertinente de son discours). C’est franchement du pain béni pour ceux qui s’enrichissent sur le dos de l’humanité et du vivant. Ils vont pouvoir continuer à le faire tranquillement pendant que les 99.9% autres vont se « serrer la ceinture ».

Non, plus sérieusement, avant de reprendre tous en chœur cette idée de réduction de confort, il faudrait déjà réfléchir à cette notion de confort et s’assurer que notre société industrielle nous permette de mener une vie « confortable ». En permaculture, nous évoquons les besoins humains vitaux  suivants : respirer un air pur, avoir une alimentation saine, boire une eau de bonne qualité, avoir un habitat adapté, gérer ses déchets, fournir son énergie de manière soutenable, faire partie d’un corps social juste. Peut-être que le confort minimal réside dans le respect de ces besoins vitaux, or, qui peut aujourd’hui estimer avoir tous ces besoins vitaux remplis ? A moins d’être complètement à l’ouest, quasiment personne. Et même les occidentaux faisant partie des 10% les plus riches.

Pour aller plus loin, et pour s’attarder sur nos pays occidentaux qui sont ceux qui devraient soit-disant réduire leur confort, je me pose des questions : sommes-nous heureux, sommes-nous dans un profond confort, lorsque nous passons notre vie à travailler d’arrache-pied pour pouvoir s’acheter de la nourriture empoisonnée ? Sommes-nous heureux de passer notre vie à être le plus compétitif, dans tous les sens du termes, à essayer de gagner plus pour consommer plus, à faire semblant d’être ultra-actifs, motivés, heureux ? Alors pourquoi avons nous de si forts taux de suicides, de dépressions, de consommation de drogues, d’alcool, de sexe, de junk-food ? Sommes-nous heureux de faire partie d’une civilisation qui détruit l’ensemble du vivant autour de nous ? De regarder nos chaussures pour la 4ème fois de la journée pendant qu’un SDF demande une pièce dans le métro, de vivre dans du béton, d’accumuler les pathologies physiques et mentales, de vivre dans des millions d’ondes qui nous détraquent ? Au fait, pourquoi passons-nous notre vie à attendre les week-end ou les vacances, pour partir dans des endroits naturels magnifiques dans lesquels nous vivrions au quotidien si nous n’en avions pas fait des villes, des centres commerciaux ou des usines ?

Franchement, nous voudrions encore réduire notre confort ? Alors quoi, on n’aurait plus qu’à se déshumaniser un peu plus, tout léguer à des technologies et des robots, puis rester avachis sur un fauteuil dans un environnement dénaturé. Se couper de la vie réelle et ne rester que dans une vie virtuelle. Consommer la nourriture morte qu’on nous vend, tomber malade, consommer les médocs de big-pharma,  consommer tout ce qu’on nous dit de consommer à la télé, sans se poser de question. Puis travailler dans des boulots non pas inutiles mais négatifs pour la planète, parce que « c’est comme ça, ça l’a toujours été ». Et bien ça tombe bien, c’est ce que vous propose le progrès, la modernité ! Ne sommes-nous pas tombés si bas qu’on ne pourrait plus réduire notre confort ? Je pense qu’au contraire, il serait temps de l’augmenter, et coup de chance, ça serait vertueux pour la planète…

 

Augmenter son confort pour sauver la planète !

Le modèle de société basé sur l’agriculture, aujourd’hui notre société industrielle, propose factuellement la rareté des ressources de bonnes qualités, le travail forcé, la possession par une minorité des ressources et des richesses, un monde régit par l’argent. La permaculture, à l’inverse, propose l’abondance, la gratuité, le quasi non-travail, et le partage. L’une de ses trois éthique est d’ailleurs « être productif et partager les surplus ». Pour ce faire, elle se base sur la puissance du vivant. Ce qui nécessite dans un premier temps de régénérer les écosystèmes vivants puis de les rendre abondants. Une des trois éthiques est d’ailleurs « prendre soin de la terre ». Des écosystèmes abondants permettent de rendre le corps social plus juste, plus efficace, c’est un cercle vertueux. La troisième éthique est d’ailleurs « prendre soin des humains ». Nous ne pourrons pas prendre soin de la planète et du vivant si nous ne prenons pas soin des humains, et nous ne pourrons pas prendre soin des humains si nous ne prenons pas soin de la planète et du vivant. Le cercle est soit vertueux, soit vicieux.

Donc qu’est-ce que le confort ? Vivre dans des modèles non-soutenables et non éthiques, dans lesquels nous avons légués notre autonomie, nous avons détruit la nature, nous avons dégradés les relations humaines et non-humaines, nous avons acceptés de réduire notre liberté d’être vivant au profit du monde du travail ? Ne serions-nous pas plus confortables dans des sociétés à taille humaine, basées sur la notion de partage et d’équité, d’abondance, de vivant, entouré de nature, dans un climat de nouveau régulé ? S’est-on au moins demandé si cela était possible et si notre société actuelle était inéluctable ?

Actuellement, notre civilisation industrielle détruit la planète, pollue l’environnement, extermine les espèces, dérégule le climat, déforeste, tue les sols, et résultat, le corps social est complètement malsain. Les richesses et le pouvoir sont détenues par une élite. Nous vivons dans des sociétés complètement hors sol, à taille non-humaine, insécures. Nous voyons d’ailleurs s’élever de plus en plus de collapsologues ou de survivalistes qui ont de plus en plus de raison de croire que tout ce système va s’effondrer, nous plongeant dans une ère post-apocalyptique inconnue. Le problème c’est que si nous laissons autant de pouvoir technologique dans les mains du monde industriel, si nous le laissons continuer à détruire le monde naturel, et si nous ne nous réapproprions pas notre autonomie dans la fourniture de nos besoins vitaux en faisant confiance au vivant et à nous même, alors, quand cet effondrement aura lieu, nous allons être complètement démunis face à ceux qui nous dominent aujourd’hui.

Nous pouvons faire le choix de la permaculture et de la résistance face au monde industriel, et ainsi avoir un espoir d’inverser le processus de destruction et de déshumanisation en cours, mais cela demande au préalable de déconstruire ces fausses-croyances et d’avoir envie d’un avenir juste,  libre,  en harmonie avec le vivant.

2 commentaires

  1. Tout à fait d’accord, un des problèmes étant que nous acceptons trop facilement les « débitions » du confort de tous ceux qui ont intérêt à ce que le système perdure.
    Il est grand temps de redéfinir ce qui est NOTRE confort !
    J’ai planché sur celui qui pourrait (devrait ?) être l’orientation en ce qui concerne nos habitats et ce que nous devrions y chercher, comment le chercher, l’atteindre …
    https://www.build-green.fr/confort-dans-lhabitat-comment-y-parvenir-12/

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