De la perturbation de la naissance à la survie de l’espèce humaine

Cet article fait suite au séminaire de 3 jours donné par Liliana Lammers et Michel Odent, sur la physiologie de la naissance. Il résume une partie de la réflexion de Michel Odent sur l’avenir de notre espèce en lien avec la perturbation profonde et récente de la façon dont les femmes accouchent.

Jusqu’à récemment, le néocortex était présenté comme un outil pour nous aider. En fait, ce néocortex (zone du cerveau dont l’évolution est récente, impliquée dans les fonctions cognitives) peut inhiber des fonctions physiologique humaines. On parle d’inhibition néocorticale.

Si l’accouchement de la femme est aujourd’hui difficile, c’est parce que son néocortex inhibe les processus physiologiques de cet accouchement. Cette nouvelle compréhension de la naissance est l’une des clés de l’avenir de notre espèce tant la socialisation, la médicalisation, et donc la perturbation de la naissance de l’humain met en jeu sa propre survie.

La nature, pour rendre l’accouchement possible, a permis à l’être humain (ici la femme) de pouvoir mettre au repos ce néocortex. Quand une femme accouche facilement, elle donne l’impression d’être sur une autre planète. De se couper du monde. Elle agit alors parfois de manière contraire aux codes sociaux. Ce phénomène est dû à la réduction du contrôle néocorticale. On comprend alors quels sont les besoins essentiels de la femme qui accouche : être protégée des inhibitions néocorticales.

Il ne faut donc plus parler « d’aider la femme qui accouche », mais bien « de protéger la femme qui accouche » de tout ce qui stimule son néocortex :
le langage (surtout les questions), la lumière (surtout les lumières modernes), le froid, tout ce qui peut attirer son attention (surtout l’observation), tout ce qui peut lui paraître comme un danger potentiel, être dans un lieu inconnu, être entourée de personnes inconnues, etc.

Il est urgent de ne plus s’adapter à des progrès techniques mais de réfléchir autrement et d’oser laisser tomber nos croyances. La question qu’il faut se poser au sujet de la naissance n’est plus « pourquoi l’accouchement est-il si difficile pour le mammifère humain » mais plutôt : « pourquoi certaines femmes, dans certaines conditions, accouchent-elles de manière très facile et très rapide » ?

Comme dans beaucoup d’autres domaines, l’espèce humaine atteint ici un tournant. En effet, alors que depuis l’apparition de l’espèce humaine, la femme a besoin de libérer de l’ocytocine (l’hormone de l’amour) pour mettre au monde le bébé, depuis quelques années la généralisation de la césarienne et de l’injection d’ocytocine de synthèse font que la femme n’a plus besoin d’hormones de l’amour pour accoucher. Alors que, depuis toujours, la femme accouche de manière physiologique, en mettant au repos son néocortex, en s’isolant dans la pénombre, depuis quelques milliers d’années la naissance s’est socialisée puis médicalisée et industrialisée. Et est donc perturbée radicalement.

La période primale (de la conception du bébé jusqu’à un an environ) est une période cruciale pour le développement de l’être humain. Perturber cette période, et notamment la naissance du bébé, a des conséquence très lourdes sur l’individu, sur le groupe, et sur l’espèce humaine. Cela rend l’accouchement plus long, plus compliqué, plus dangereux. Les processus physiologiques, indispensables et irremplaçables qui sont censés avoir lieu lors d’un accouchement naturel n’ont alors pas lieu : la libération par la mère d’un cocktail d’hormones, notamment les hormones de l’amour, la colonisation du bébé par les microbes familiers et bénéfiques de la mère, le lien d’attachement qui se créé lors du premier regard entre la mère et le bébé, le réflexe de succion du bébé dans la première heure qui lui permet de se nourrir du précieux colostrum en trouvant seul le sein, etc.

La perturbation de ces processus physiologiques a des conséquences sur la santé de la femme, sur la santé du bébé, sur son bien-être (bien-être <=> bien naître), sur sa capacité à aimer son prochain, à aimer la Terre-mère. Cela a des conséquences sur la capacité de la mère à aimer son bébé de manière inconditionnelle. Cela a des conséquences sur la société : le meilleur moyen de rendre les humains agressifs est de perturber la relation mère-bébé dès la naissance, le meilleur moyen de dominer la femme est de la priver de sa capacité à accoucher seule (physiquement et culturellement), etc. Cela a des conséquences sur l’espèce en neutralisant les lois de la nature. Cela fait de nous des apprentis sorciers.

Il est évident selon moi que les accouchements sont également rendus plus difficiles par le fait que nous ne consommons plus notre alimentation originelle depuis l’utilisation de la cuisson car cela perturbe profondément notre physiologie et notre psyché.*

L’avenir d’Homo est étroitement liée à la façon donc les femmes accoucheront dans un futur proche.

Pour approfondir le sujet, vous pouvez consulter tous les travaux de Michel Odent ainsi que le livre de Jean Liedloff sur le Continuum.
* Se référer aux travaux de Guy-Claude Burger (Instinctothérapie MANGER VRAI), Jean Seignalet (L’alimentation ou la troisième médecine), Bruno Comby (Nature contre sida) , Dominique Guyaux (L’éloge du cru)…

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