Entretien de Laurent Toubiana chez Sud Radio (26 novembre 2021) : « Plus on avance, plus les vagues sont faibles ».

« Une épidémie, c’est un nombre de malades. Combien y a-t-il de malades ? Au maximum il y en a eu 140 (pour 100 000 habitants sur une semaine, en mars 2020), et depuis, ça ne fait que baisser. »

Laurent Toubiana est chercheur en épidémiologie à l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) depuis près de 30 ans, et également directeur de l’IRSAN, l’Institut de recherche pour la valorisation des données de santé.

Il est interviewé par André Bercoff sur Sud Radio le 26 novembre 2021 pour évoquer la cinquième vague et les chiffres épidémiologistes du Covid-19 : Laurent Toubiana : « Plus on avance, plus les vagues sont faibles ».

Il revient tout d’abord sur la censure dont a fait l’objet l’une de ces analyses publiée sur le blog de Mediapart, supprimée, mais qu’on retrouve sur le site de l’IRSAN : La « cinquième vague », nouvel épisode d’un feuilleton qui a trop duré. Le 25 mars 2021, lui et ses collègues avaient publié l’analyse suivante : L’épidémie de Covid-19 a eu un impact relativement faible sur la mortalité en France.

Il donne ensuite les chiffres réels de l’épidémie de Covid-19 :

  • 140 malades pour 100 000 habitants par semaine lors de l’épisode épidémique de mars 2020 (appelé première vague).
  • 31 malades pour 100 000 habitants par semaine lors du rebond épidémique d’août 2021 (appelé à tort 4ème vague).
  • 19 malades pour 100 000 habitants par semaine actuellement (appelé à tort 5ème vague).

Ces chiffres proviennent des réseaux de médecins, dont le réseau Sentinelles, et sont les chiffres habituellement utilisés pour mesurer les épidémies.

Il explique que lors des épisodes de grippes classiques, il y a 600 malades pour 100 000 habitants par semaine. Les grippes entraînent donc beaucoup plus de malades que ne l’a fait le Covid-19.

Laurent Toubiana affirme qu’il y a eu une grosse vague, en mars 2020, puis des rebonds, qu’il appelle des « vaguelettes ».

Il regrette que nous n’utilisions plus, comme cela a toujours été le cas par le passé, des incidences de malades, mais désormais des incidences de tests positifs.

La baisse continue du nombre de malade du Covid-19 s’explique par le fait que de plus en plus de gens ont eu le Covid et donc que le réservoir de personnes contaminables a largement diminué.

Il revient également sur deux chiffres importants concernant l’ampleur de l’épidémie de Covid-19 :

  • 2% de l’activité hospitalière de France en 2020 était due au Covid-19 (donnée provenant du rapport de l’ATIH du 28 octobre 2021).
  • 80% de la population française (les moins de 65 ans) n’a pas connu de surmortalité en 2020, et le reste a connu une surmortalité de 4% seulement.

Il appelle à la raison et demande à ce qu’on revienne aux bases et à la rigueur scientifique. Les scientifiques ont toujours eu l’habitude d’étudier les épidémies en fonction du nombre de malades. Et également qu’on arrête d’utiliser des nouveaux outils jamais utilisés dans le passé et dont on ne connaît pas les répercussions ni l’efficacité, comme le confinement, qu’il juge « extravaguant ».

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