La vision Au-delà du climat

Au-delà du climat, cette expression est un appel à considérer les problèmes sociaux, environnementaux, écologiques ou encore climatiques de manière holistique. Ne réfléchir et n’agir que sous l’angle du changement climatique (on peut désormais dire chaos climatique) et des émissions de gaz à effet de serre, comme c’est le cas pour la très grande majorité du monde politique, associatif et citoyen, est inefficace.

Sans un diagnostic honnête et global, aussi gênant et dramatique soit-il, nous ne pourrons envisager de solutions collectives et individuelles. Nous perdons un temps précieux et courrons à la catastrophe !

Le constat est le suivant, depuis que nous avons deforesté les forêts du globe et avons fait le choix de l’agriculture*, nos systèmes sont inefficaces et non-éthiques. Nous avons remplacé l’abondance et la gratuité d’écosystèmes fermés et équilibrés (les forêts) contre un modèle non productif (l’agriculture) qui nécessite beaucoup de travail (et donc d’esclaves humains et d’énergie), qui produit beaucoup de déchets (et donc de pollution) et qui détruit la nature. Cet effondrement du vivant s’est acceleré depuis l’ère industrielle, et est désormais à son apogée avec le capitalisme néo-liberal mondialisé fondé sur la croissance et le développement.
Notre civilisation industrielle, en plus d’exterminer les peuples non-civilisés, épuise tellement la planéte (extraction des ressources, destructions de la nature au profit de l’agriculture et de l’urbanisation, pollution généralisée) que notre espèce et l’ensemble des espèces vivantes sont menacées d’extinction à court terme.
Par ailleurs, les besoins vitaux des populations ne sont absolument pas remplis par cette société industrielle, les inegalités sont immenses puisqu’un très petit groupe de personnes s’accaparent toutes les richesses et le pouvoir, et les avancées technologiques (high-technologies, transhumanisme, géo-ingénierie) se sont tellement développées que ceux qui les détiennent ont le pouvoir de contrôler toute la planéte et l’humanité, et de l’éteindre pour aller vers un monde déshumanisé d’humains-robot.
Face à ce constat tendu, nous devons nous ressaisir et inverser ce processus de destruction et de déshumanisation. Pour ce faire, il faudra tout d’abord mettre en place tous les moyens possibles pour cesser les destructions du vivant en cours, en résistant aux projets capitalistes (comme sur les ZAD) et en rejoignant des mouvements d’écologie profonde (Deep green resistance, Earth first). Il est également urgent de pouvoir s’émanciper de cette société industrielle, c’est à dire, de remplir ses besoins vitaux de manière autonome, à une échelle humaine, et cela en régénérant les ecosystémes qui sont au bord de l’extinction.

C’est précisément le but de la permaculture, co-fondée en 1972 par Bill Mollison et David Holmgren en réponse à la situation catastrophique de l’époque (et qui s’est empirée depuis) et qui permet de répondre à tous nos besoins vitaux (eau, air, nourriture, énergie, gestion des déchets, habitat, outils, organisation d’un corps social juste) tout en réparant les écosystèmes. En s’appuyant sur la puissance du vivant et notamment des arbres, la permaculture permet de dépolluer la planète, réguler le climat, stopper l’érosion des sols, régénérer les écosystèmes et redonner un espace à la biodiversité (sauvage notamment).
Nous n’avons plus une seconde à perdre. Nous ne devons plus nous mentir en pensant que le salut viendra de la politique ou des eco-gestes. Nous ne pouvons pas non plus rester inactif en pensant que de toute manière, tout va s’effondrer. Nous devons prendre notre destin en main, si nous voulons en avoir un.
Nous vous invitons à tous étudier très sérieusement la permaculture et la mettre en place partout et à toutes les échelles.

* Technique de culture apparue il y a 10 000 ans. « Agri » vient d' »Ager » qui vient de « champ » en latin, ce qui signifie milieu ouvert, contrairement au vivant qui fonctionne en milieu fermé (rien ne se perd, rien se crée, tout se transforme, cf Lavoisier). Par conséquent, l’agriculture nécessite d’utiliser beaucoup d’intrants : entre 15 et 20 calories sous forme d’eau dont une grande partie est « cachée », de travail physique, de pétrole, de machine, d’engrais, de pesticides, pour n’en sortir qu’une seule sous forme de végétaux.
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